Cité de l’Espérance

Des mariages arrosés, des soirées endiablées et beaucoup de folie : voilà ce que je pensais trouver auprès de la communauté gitane de la cité de l’Espérance. En 2015, j’ai pris contact avec le plus célèbre de ses résidents, Michel, le seul maire gitan de France. Grâce à lui, j’ai pu me faufiler parmi les roulottes parquées à quelques kilomètres de Carcassonne. A l’ombre des pylônes électriques et des lignes à haute tension, j’ai rencontré les familles de la cité et découvert un quotidien qui n’a rien de festif.

Bâtie à la fin des années 60 pour accueillir une communauté gitane qui logeait jusqu’ici dans une décharge, la cité de l’Espérance devait garantir un avenir radieux à ses résidents. Quarante ans plus tard, le rêve a tourné au cauchemar. Morts précoces, cancers à répétition, problèmes de fertilité, les gitans accusent la proximité d’un poste électrique et ont décidé d’attaquer EDF en justice.

Y a-t-il, oui ou non, un lien établi entre les pathologies des résidents de l’Espérance et le dispositif RTE ? L’attente d’un jugement final s’enlise au vu d’une date de procès toujours indéfinie

Avec ma série « La cité de l’Espérance », toujours en cours, je photographie leur quotidien et raconte leur combat pour faire reconnaître la source de leurs maladies et être relogés.