Cité de l’Espérance

«Ce trou à rats est un enfer toxique qui n’épargne personne», m’a un jour dit Michel Soulès de ce quartier de la ville de Berriac dont il est pourtantmaire, et où il a grandi, à quelques kilomètres de Carcassonne.  

En 2015, j’ai lié connaissance avec celui qui est le seul maire gitan de France, et la figure de proue de la communauté de la Cité de l’Espérance, sans deviner que je continuerais d’y aller et venir en 2020.

Bâtie à la fin des années 60 pour accueillir une communauté gitane qui logeait jusqu’alors dans une décharge à Cavayère, la Cité de l’Espérance vantait un avenir radieux à ses résidents. Quarante ans plus tard, la promesse a viré au cauchemar. Morts précoces, cancers à répétition, arrêts cardiaques, problèmes de fertilité, les gitans subissent et accusent devant la justice la trop grande proximité d’un poste électrique. 

Pendant cinq ans, j’ai suivi Michel, dont tous les grands-parents, le père et le frère sont morts de cancers, dans son combat pour le salut de sa communauté, afin d’accéder à un relogement salubre et pérenne. 

Au gré de mes séjours à Berriac dans ses pas de Michel, je me suis aussi plongée dans le quotidien des familles de la Cité, dans les caravanes et les pavillons enserrés de pylônes électriques et de lignes à haute tension.

  • Exposition collective «Barvalo» au Mucem 2023
  • Exposition à la Maison de la région à Carcassonne 2022
  • Publication dans Libération, Society, BBC News